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Le dos de l'homme vu par Martha Hraoui

Publié le par Jean-Yves

Martha Hraoui développe le thème du nu après s'être passionnée pour les vieilles demeures libanaises.

 

Et dans le nu masculin, ce qu'elle préfère... c'est le dos.

 

D'origine libanaise, Martha Hraoui, refuse de limiter la représentation de l'homme à sa virilité, à l'évidence de son rôle.

 

Ce qui lui plaît dans un corps d'homme, ce n'est pas la représentation de la virilité, du phallus, du corps, c'est plutôt les volumes, comme celui des dos : paysages mystérieux, faces cachées, appels à la découverte.

 

 

 

Martha Hroui – Nu masculin – 2007

Pastel, 63cm x 48cm

 

Le dos de l'homme est accessible : il est débarrassé de la violence. Abandonné au désir de l'autre.

 

Cette peinture permet de libérer l'homme des servitudes des clichés, des contraintes sociales de force virile, des rôles de chef de tribu ou de guerrier.

 

Les couleurs utilisées par Martha Hraoui sont celles de la terre de son Liban natal : le corps de l'homme devient ainsi un paysage merveilleux, qui dégage une force paisible. Même si l'idée de volupté ne peut pas être écartée.

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Ce n'est pas un film de Cow-boys, un court métrage de Benjamin Parent (2012)

Publié le par Jean Yves Alt





Ce n'est pas un film de Cow-boys on Vimeo



Lire la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualite.com

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Les sœurs de la nuit, Tanguy Le Cléguer

Publié le par Jean-Yves Alt

L'ambiguïté est présente déjà dans le prénom du héros : Camille : un cœur de femme dans le corps gracile d'un adolescent Corse, la gueule d'une tapette avec le cœur d'un poète.

Sa mère meurt à sa naissance, laissant l'éducation du jeune homme à son père, dans un milieu hostile à tout ce qui ne reproduit pas parfaitement les clichés de la virilité : goût pour la tuerie qu'on appelle la chasse, etc.

Et c'est le début d'une histoire tragique, d'un grand drame humain dont l'auteur montre bien le processus lent, inéluctable, impossible à enrayer : pas de répit dans ce roman d'aventures dont la scène varie sans cesse, du maquis corse aux bas-fonds de Barcelone, d'un étrange palais espagnol des mille et une nuits aux halles grouillantes du ventre de Paris.

Dans ce roman social moderne, les souvenirs de Zola sont parfois trop visibles, en particulier le portrait de la charcutière, Mme Forgeron, remake de la belle Lisa. Gervaise travestie fait pleurer Margot, mais c'est comme un film triste où le spectateur est conscient qu'il larmoie au récit des malheurs de Fantine ou Fleur de Marie, mais y prend un plaisir libérateur, cathartique, expiatoire...

« Quelques secondes filèrent, et il comprit qu'il tenait en main quelque chose comme un sexe d'homme. Il se pétrifia, interloqué. Puis il regarda Eva, vit ses longs yeux d'émeraude où brillait une lumière inquiète. C'était bien une femme... Il l'aimait à en crever. »

Dans ce livre fort, la réalité d'un témoignage vécu s'enrichit d'une leçon qui ne peut qu'ébranler les derniers préjugés sur la sexualité, souvent aussi solides, hélas, que la bêtise à cornes de taureau...

■ Les sœurs de la nuit, Tanguy Le Cléguer, Editions Flammarion, 1992, ISBN : 208066039X

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L'éveil, Alain Absire (Nouvelles)

Publié le par Jean-Yves Alt

Onze brefs récits, onze nouvelles coup-de-poing, sont rassemblés dans ce recueil où la misère de l'homme face à la souffrance de l'autre est intolérable.

« L'Hésitation », sans nommer le sida, raconte une histoire apparemment futuriste. Un homme est chargé d'aller tuer discrètement un jeune garçon désigné par la brigade Anti-Contamination. Alain Absire peint une possibilité d'horreur ; nouvelle grave sur le mal perpétré contre l'autre par l'homme lui-même. La source en est la peur qui peut conduire à la pire des violences sinon à l'atroce indifférence au moment du « sauve-qui-peut », indifférence souvent vitale pour se sauver soi-même, pour garder son corps en vie, pour survivre dans un monde suicidaire ou meurtrier. « L'Hésitation » est une très belle nouvelle, elle a le mérite d'interroger la société tout en rappelant des comportements, des phénomènes qui, hélas, jalonnent l'Histoire.

Dans « Le Départ », il est question d'hommes enfermés dans un train… bestiaux pour quel holocauste ?

 

Dans « L'Incertitude », il s'agit d'un amour jamais donné parce que le protagoniste de cette histoire n'a pas franchi le pas, tendu la main, essayé de rejoindre l'autre. Gilbert Leterrier conduit dans la nuit pour se rendre chez sa mère. Il prend une passagère. Lentement, il croit la reconnaître. Ne serait-ce pas cette actrice célèbre, soudain livrée à son regard, son désir, dans l'intimité de la voiture, pendant que s'élève la voix de Kiri Te Kanawa chantant l'air de Pamina de La Flûte enchantée… Gilbert Leterrier n'osera rien, ne dira rien.

Des nouvelles qui permettent de comprendre que l'amour c'est la densité d'une présence dont les plus impétueuses caresses ne brisent jamais le silence.

■ L'éveil, Alain Absire, Editions Le Castor Astral, 1992, ISBN : 2859201238


Du même auteur : L'égal de Dieu - Vasile Evànescu, l'homme à la tête d'oiseau - Lazare ou le grand sommeil - Mémoires du bout du monde [Nouvelles]

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La danse de l'arlequin, Diet Verschoor

Publié le par Jean-Yves

Un enfer quotidien. Voilà la vie d'Hester, l'héroïne de la « Danse de l'arlequin ». Comme des milliers de femmes, elle s'est mariée jeune, elle a eu des enfants qui ont grandi et l'ont quittée, elle vit dans un petit pavillon identique à des centaines d'autres, aux côtés d'un mari qui se divertit de l'habitude dans les bras d'autres femmes.

 

Alors, doucement, le goût de vivre se retire, comme la mer découvrant une plage nue et déserte. Tout sentiment se perd, les silhouettes aimées s'estompent.

 

Reste à jouer une comédie banale : celle des couples qui tiennent par habitude, parce qu'il y a les enfants, parce qu'on a peur à quarante ans de tout recommencer.

 

Que son mari ait une maîtresse, comme elle dit, ne dérange pas vraiment Hester. Ce mari, elle ne le voit plus, ne le sent plus, il est un étranger depuis longtemps. Que s'est-il passé ? Ne s'aimaient-ils pas ? Hester refuse la comédie, s'enferme dans le silence puis se fait interner dans un hôpital psychiatrique. Pour se laisser mourir ou pour comprendre.

 

« La danse de l'arlequin », de Diet Verschoor, est avant tout une réflexion sur le couple et sur la condition de la femme dans un pays, la Hollande, qu'on disait à la pointe de toutes les évolutions de mœurs et qui porta le drapeau d'une certaine liberté du corps. Façade, Artifices. Quand le masque de la joie de vivre tombe, on peut constater les ravages. Et comme Hester, on va se faire un lifting. Au bout du chemin, dans les dédales de l'univers psychiatrique, Hester trouvera l'une de ses vérités : son amour des femmes.

 

■ Editions Belfond, 1984, ISBN : 2714416993

 

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