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Le cœur de Pierre, Christophe Lucquin

Publié le par Jean-Yves Alt

« Le cœur de Pierre » raconte une épopée, celle d'un homosexuel français aujourd'hui. Un sujet à faire frémir certaines introspections des lecteurs : la drague et la sexualité y sont décrites avec un réalisme sans complaisance.

« Je sens, contre ma jambe droite, un frôlement rempli de moiteur. Je ne sais pas ce que c'est, mais le gémissement qui l'accompagne et qui s'accorde sur le rythme de la musique m'en dit un peu plus sur le morceau qui balance. L'appendice chaud d'un corps dénudé dans l'obscurité moite d'un lieu infect... Je ne vois rien, mais ils sont nombreux, devant comme derrière, contre les parois de ce qui semble être un mur. J'avance doucement, et le piétinement de restes humains est inévitable. Le sol est glissant par endroits, et l'odeur fétide de chair me soulève parfois le cœur. De plus, je n'y vois absolument rien. J'allume en intermittence mon briquet, geste accueilli par certains comme une parade d'approche. Un clair-obscur, des ombres sur les murs. C'est une sorte de code morse qui se télégraphie à coups de briquets ou d'allumettes. Une lueur, on cherche ; un deuxième éclair, on acquiesce ; un troisième scintillement, on s'atteint. Je sens une chose qui me tâte. Elle s'aventure, investigatrice, sur mon bas-ventre. Un frisson me parcourt alors le corps. Des doigts... » (p. 5)

Sait-on combien il est périlleux de cerner la sexualité frénétique sans lasser le lecteur, hors du piège pornographique. Ce roman y réussit : l'auteur déploie avec adresse une réalité lucide et élimine tout moralisme. Cela ne suffit pas – certes – à donner un grand roman, mais la maîtrise de la structure narrative en est un préalable.

Ce monde dantesque se poursuit alors que Pierre affronte toujours ses démons intérieurs. Le personnage n'a rien de sublime même si le jeune homme est spontané et souvent fougueux : bientôt la trentaine, il sait aussi se complaire dans les remous répétitifs d'une vie banale avec les garçons qu'ils rencontrent. L'au jour le jour du désir qui s'épuise. Avec parfois du tragique qui s'immisce.

« Dans le métro aérien qui enjambe la Seine, je ferme les yeux pour ne pas voir le bâtiment de la morgue sur le quai d'en face. S'il m'arrivait quelque chose, qu'adviendrait-il de Ruben ? Je ne supporte pas l'idée qu'un autre finisse par prendre ma place, que Ruben soit triste quelque temps et que la douleur passe, qu'il m'oublie, immanquablement, qu'il souffre pour d'autres raisons, qu'il aime d'une autre façon, peut-être meilleure. J'aimerais m'assurer d'une souffrance réelle et pouvoir revenir pour annuler tout et reprendre le cours normal d'une existence qui ne se terminerait jamais… » (p. 48)

L'impulsion reste la joie éternelle de Pierre. Son programme : devenir qui il est, en se confrontant aux autres.

Sans l'écriture de Christophe Lucquin – qui fait un bel usage de la langue –, il serait loisible de se crisper devant le culte infini de soi qu'entretient Pierre. L'écrivain a sauvé son personnage des pièges et des prisons. Savoir rompre et partir, ne se retourner que sur le faste de la mémoire, décortiquer le détail d'une scène… tout cela permet aux lecteurs d'embrasser l'ensemble du personnage : un homme courageux.

Le romancier ne s'est pas enfermé dans un chauvinisme homosexuel puisqu'il arrive à Pierre de coucher avec une fille.

Il n'y a pas de tentative d'explication dans ce roman. Des faits, des émotions, la vie dans ce qu'elle offre de quotidien. Des éléments inarticulés – pulsions, émotions, représentations, souvenirs – qui épuisent la réalité d'une biographie.

Si les impressions biographiques sont des questions sans réponse, la vie y répond souvent, plus tard. C'est tout le bien que je peux souhaiter à Pierre et à son auteur.

■ Le cœur de Pierre, Christophe Lucquin, Éditions Pop fiction (Montréal), Collection Homonyme, septembre 2009, ISBN : 9782923753027


Du même auteur : Je suis talentueux

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Sous la peau d'un homme, Praline Gay-Para

Publié le par Jean-Yves Alt

Faut-il que la femme montre des compétences traditionnellement reconnues à l’homme pour se faire respecter en tant que femme ? Et l’homme, peut-il accepter sa part de féminin sans se renier ? (1)

Sous la peau d’un homme… se cache une femme !

Un conte qui bouscule les idées reçues sur les hommes et les femmes, et évoque la naissance du sentiment amoureux avec une grande sensibilité.

Ils étaient deux frères : l’un riche, père de sept garçons et l’autre, modeste, père de sept filles. La plus âgée d’entre elles, lasse de voir son père sans cesse humilié par son propre frère, lance un défi de taille à son oncle.

Elle propose au plus grand des fils de l’accompagner de par le monde pendant un an et un jour. Celui des deux qui reviendra en ayant le mieux tiré profit de son voyage pourra dire voyage montrera qui est « la vraie misère ».

Maligne et déterminée, la jeune fille évince très vite son cousin qui révèle sa suffisance et sa bêtise. Elle lui gagne son riche manteau, sa monture, et le plante là sous l’ardent soleil.

Commence alors l’autre récit.

Dissimulée par le riche manteau et ressemblant à un cavalier, la belle rejoint à cheval le palais d’un prince illustre, connu pour son mépris des femmes.

Ne dit-il pas : « Elles sont inutiles. La meilleure d’entre elles est sotte. Jamais je ne vivrai avec une femme ! » ?

La jeune fille se rapproche du prince et met tout en œuvre pour le faire changer d’avis.

Le prince ne va pas tarder à être totalement séduit par ce brillant cavalier, qui monte si bien à cheval, qui joue si bien aux échecs, qui s’y connaît si bien en économie et en politique.

Un homme, un vrai, quoi !

Mais pourquoi alors le prince perd-il connaissance dès qu’il respire le parfum de son invité ?

Un sentiment ambigu le pénètre. Est-ce un homme ou une femme qu’il admire, qu’il aime ? Il lui faudra un an et un jour, trois épreuves et le départ de son hôte pour trouver la réponse à cette question.

En alternant les dominantes de jaunes glacés, de bleu profond et de rouge ardent, les illustrations d’Aurélia Fronty appuient l'évolution des rapports entre la jeune femme et son cousin, puis avec le prince.

Un très beau conte traitant des rapports hommes-femmes, de l’humiliation sociale… et pourquoi pas de l’attirance homosexuelle…

« On dit que c'est depuis ce jour-là que, dans leur pays, sur les portes des maisons, figure une inscription en lettres rouges, imposée par le prince :

Tête de mule ou tête de vache

Sous la peau d'un homme souvent femme se cache ! »

Praline Gay-Para a écrit un conte complexe (2) (paraboles en tête de certaines pages, clins d'œil adressés au lecteur, syntaxe et vocabulaire dans les dialogues, nombreux sous-entendus) et qui résonne subtilement avec le monde contemporain.

■ Sous la peau d'un homme, Praline Gay-Para, Éditions Didier Jeunesse, 2007, ISBN : 2278057065


Découvrir quelques pages en format pdf


(1) Le texte de cette chronique est très largement repris d'un article de la revue du SNUIPP.

(2) Comme quoi, un album n'est pas destiné seulement à un public très jeune.


Lire aussi la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualite.com

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Richelieu et Louis XIII vus par Michel Carmona

Publié le par Jean-Yves Alt

Michel Carmona a publié un remarquable Richelieu qui ressuscite le personnage fabuleux que fut le premier conseiller de Louis XIII. Cette étude a le double mérite de captiver le lecteur par sa force d'évocation et de rendre justice à celui qui reste sans doute l'un des plus grands personnages politiques de tous les temps.

Armand-Jean du Plessis de Richelieu, futur cardinal de Richelieu, naquit le 9 septembre 1585. Seize ans plus tard, le futur Louis XIII venait au monde en même temps que ce XVIIe siècle qui vit se consolider la monarchie absolue. Richelieu est sacré évêque en 1607, il a vingt-deux ans. Evêque de Luçon, il attend 1617 pour être nommé chef du conseil de Marie de Médicis et il a trente-sept ans quand il devient cardinal. A trente-neuf ans il entre au conseil du roi. Pour l'époque il est vieux. Pendant dix-huit ans, il servira Louis XIII.

Destin étonnant que la vie de ce célibataire rongé par l'ambition, voué corps et âme à la suprématie du pouvoir royal. Intelligent et fragile, Richelieu tissera, crime après crime, cette image du monarque de droit divin dont Louis XIV, via Mazarin que Richelieu avait choisi pour lui succéder, mettra définitivement en plein soleil sur cette scène européenne où les grands se donnent en spectacle à eux-mêmes, dans l'amoralité la plus totale.

Un siècle d'histoire se greffe sur la personne de Richelieu. Michel Carmona a compris qu'il faut retrouver l'avènement de Henri IV (né le 14 décembre 1553) pour saisir le rôle du cardinal et attendre la mort de Louis XIII et l'avènement de Louis XIV (14 juin 1643) pour en déceler le projet.

Un siècle d'histoire où le roi doit vaincre les grands (et d'abord sa famille) et les monarques étrangers, tous cousins ou parents par alliance. La noblesse est, imbue de ses origines guerrières. Elle ne se laisse pas facilement domestiquer. Richelieu, qui n'est que de petite souche, aura beaucoup de mal à discipliner l'arrogance des aristocrates. La guerre la plus longue sera celle que Louis mènera contre sa mère, Marie de Médicis, immense personnalité aimée et crainte de son fils. Puis il faudra ramener à la soumission Anne d'Autriche, femme de Louis XIII, Gaston d'Orléans, frère du roi et, régulièrement, une faction de nobles, mouvante et impertinente, qui se rallie successivement aux membres dissidents de la famille royale.

Les complots se succèdent contre le roi lui-même et contre Richelieu. Richelieu ne tient sa force que du roi comme il tient son accession au pouvoir de Marie de Médicis qu'il trahira. Il sait que seule la mort de ses ennemis le sauvera. Sa vie fut sans cesse ensanglantée de ces assassinats nécessaires. Perpétuellement malade, anxieux et prodigieusement lucide, Richelieu tiendra à bout de volonté un monarque renfermé, prude et coléreux... Il voudra la guerre contre l'Europe entière. Il œuvre pour la royauté et non pas pour un homme qu'il sait voué à la mort, un homme d'ailleurs que Michel Carmona réhabilite : Louis XIII. Roi à quatorze ans, il ne fut pas si incompétent qu'on le laisse croire. Il sut reconnaître en Richelieu, qu'il n'aimait pas, un homme de valeur. Il le soutiendra, jusqu'à sa mort, contre la vindicte des nobles et des croquants.

La connivence entre les deux hommes est grande mais Richelieu sait que le roi a besoin d'une présence affective, d'un confident du quotidien, rôle qu'il ne peut pas assumer. Cinq-Mars a seize ans quand Richelieu le remarque. Il en fait une de ses « créatures », comme on appelait les individus soumis. Louis XIII n'a pas de maîtresse, ses favorites sont des « amies ». Richelieu se méfie d'une certaine de Hautefort car ces dames ne sont pas inactives et profitent de la confiance du roi (faute de son lit) pour le gagner aux manigances de la reine et de sa préférée, la veuve du tout premier favori de Louis XIII, de Luynes...

Pour évincer Melle de Hautefort, Richelieu, dans une exquise lucidité, place près de Sa Majesté le beau page Cinq-Mars qui reçoit des instructions très précises. Le roi finit par remarquer ce beau garçon qui a tous les atouts de la jeunesse et de la beauté.

Grand maître de la garde-robe, Cinq-mars finira par devenir indispensable au monarque. Il gravira très vite tous les échelons des faveurs royales. Jeune fou, il aura l'audace de s'enfuir la nuit pour retrouver la grande courtisane du siècle : Marion Delorme... Il rend le roi jaloux mais se montre très exigeant, trop.

Le roi est agacé, troublé. Richelieu n'est plus obéi par Cinq-Mars devenu ambitieux. Avec son ami de Thou, le favori se laisse circonvenir par les nobles rebelles. Ils fomentent l'assassinat de Richelieu. Ce dernier est prévenu. Il obtient du roi la condamnation à mort, en place publique, de son Cinq-Mars et de son acolyte de Thou. Ils mourront laissant le souvenir d'une tragédie. Pour Richelieu, ils succombaient au devoir d'Etat qui fait disparaître tout ce qui nuit à la suprématie monarchique. Louis XIII en a-t-il souffert ? La sensibilité de l'époque pouvait-elle être meurtrie par l'amour, par la mort ?

La relation entre le roi et son favori s'accomplissait-elle dans un rapport sexuel ? Michel Carmona précise que les textes qui font allusion aux relations sexuelles entre Louis XIII et Cinq-Mars sont de deuxième main. Saint-Simon et Tallemant des Réaux racontent ce qu'ils ont oui dire !

« On m'a dit aussi qu'en je ne sais plus quel voyage, le roi se mit au lit dès sept heures... Il envoya déshabiller Monsieur le Grand (titre de Cinq-Mars), qui revint paré comme une épousée : "Couche-toi, couche-toi", lui dit-il plein d'impatience... Et ce mignon n'était pas encore dedans qu'il lui baisait déjà les mains. »

Ce qui est sûr – et des lettres de Louis XIII l'attestent – c'est le besoin de plus en plus grand que le roi eut de ce garçon de vingt ans :

« Je m'en vas à la chasse, étant dans un tel chagrin que je ne prends plaisir à rien. La reine se porte toujours bien et espère-t-on plus que jamais qu'elle sera grosse. Je me raccommodais hier au soir avec Monsieur le Grand. J'espère qu'il sera plus sage à l'avenir. »

Le livre de Michel Carmona est une fresque exhaustive du règne de Louis XIII et de Richelieu. De Richelieu on n'apprend rien quant à sa vie privée. Mais pouvait-il y avoir d'intimité pour un homme qui sacrifia tout à l'ambition, jusqu'à prévoir et ordonner le futur alors qu'il se sentait mourir. Sur son lit de mort il n'avait encore qu'un seul désir : organiser le pouvoir du roi, consolider l'avenir de la monarchie. Ce petit homme sec et souffreteux a maîtrisé son existence jusqu'à son agonie. Il a fait ce que la volonté seule peut gagner sur le temps : s'inventer un destin contre la fatalité divine.

■ Richelieu, Michel Carmona, Editions Fayard, 1983, ISBN : 2213012741

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Une bibliothèque gay idéale, Collectif sous la direction de Thierry Goguel d'Allondans et de Michaël Choffat

Publié le par Jean-Yves Alt

Dictionnaire critique et quasi exhaustif de la littérature gay disponible en langue française

Plusieurs amoureux des belles lettres ont construit ce dictionnaire titré « Une bibliothèque gay idéale ». Ce titre indique déjà un objectif : permettre à chaque lectrice ou chaque lecteur de se constituer, à partir de ses goûts personnels et de sa sensibilité, non pas « la » mais bien plutôt « une » bibliothèque gay idéale, la sienne. La littérature gay englobe, ici, tout écrit évoquant, de manière non secondaire ou non anecdotique, les amours masculines, quels que soient l'âge ou l'origine socioculturelle des protagonistes, quelles qu'en soient les formes ou les manifestations. Le spectre très élargi de ce travail dessine un paysage complet de la littérature à thématique gay de 2 000 ans avant Jésus-Christ jusqu'à notre XXIe siècle.

Une bibliothèque gay idéale, Collectif sous la direction de Thierry Goguel d'Allondans et de Michaël Choffat

Cet ouvrage a été coordonné par : Thierry GOGUEL d'ALLONDANS est éducateur spécialisé et anthropologue. Il est chargé de recherche et responsable de formations à l'École supérieure européenne de l'intervention sociale (ESEIS, Strasbourg) et professeur associé à l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPE, Strasbourg). Docteur en sciences sociales, il est également chercheur associé au laboratoire Dynamiques européennes et a été, de 2007 à 2017, rédacteur en chef de la revue Cultures & Sociétés. Michaël CHOFFAT, technicien en gestion administrative à l'Université de Strasbourg et étudiant en psychologie. Il est un ancien administrateur de La Station (centre LGBTI de Strasbourg).

■ Une bibliothèque gay idéale. Dictionnaire critique et quasi exhaustif de la littérature gay disponible en langue française, Collectif sous la direction de Thierry Goguel d'Allondans et de Michaël Choffat, Éditions L'Harmattan, 1046 pages, 16 juillet 2020, ISBN : 9782343200507, 39€


Lire les premières pages de ce dictionnaire

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Les petites morts, Philippe Mezescaze

Publié le par Jean-Yves Alt

Le roman s'ouvre sur un moment de la vie d'un jeune homme, Antoine, qui séjourne au bord de la mer du Nord. Il écrit, c'est la raison de sa présence dans un petit hôtel de la côte. L'air marin semble lui être nécessaire, besoin de se purifier, peut-être de son passé. Antoine écrit l'histoire d'un garçon. Il le désigne ainsi, c'est le garçon< : le lecteur ne lui connaîtra pas de nom ni de prénom.

A sa première apparition, le garçon est en fuite, il semble vouloir gagner l'Italie, il se trouve à la Gare de Lyon. Là, il rencontre par hasard un homme, écrivain, esthète, la quarantaine, qui regagne Nice où il occupe une folie dans un jardin qui jouxte celui du Négresco, un lieu encombré d'objets de collection, de meubles extravagants ayant appartenu aux frères Goncourt.

Séduit par le garçon, l'homme, Hœdic, lui propose de l'héberger. Le garçon accepte. Hœdic et le garçon auront une liaison voulue par Hœdic et vécue comme allant de soi par le garçon. Lorsqu'ils feront l'amour pour la première fois, le garçon, ivre, s'acquittera ainsi du droit de rester. Hœdic souhaitant intégrer le garçon dans sa vie le présentera à une de ses amies, une femme opiomane qui verra une ressemblance entre le garçon et son fils défunt.

Dès lors, le récit va s'enrouler autour de son axe, le garçon. Les deux adultes penseront s'attacher le garçon ; Hœdic par les sens et le luxe, la femme par l'opium, mais les liens céderont ; le garçon voudra conserver sa liberté. Il n'acceptera pas que Hœdic s'érige en éducateur, en père adoptif. C'est à nouveau la fuite.

Pour subsister, le garçon aura recours à la prostitution, au chantage, au vol, puis au meurtre.

Le garçon souhaite conserver sa liberté même si ses projets sont dérisoires. Après tout, les projets des autres ne sont pas plus fondés, malgré le sérieux qu'ils mettent dans leur réalisation.

La seule réalité chargée de sens est le récit de cette vie du garçon par Antoine.

■ Les petites morts, Philippe Mezescaze, éditions Arléa, 1989, ISBN : 2869590547

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