Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Pierrot fin-de-siècle, Jean de Palacio

Publié le par Jean-Yves Alt

La permanence de l'image de Pierrot en art et en littérature donne lieu à une savante et savoureuse relecture de l'identité masculine : ses langueurs affectées, sa désespérance, ses mornes échecs, cette part « féminine » de Pierrot est analysée par Jean de Palacio dans son essai « Pierrot fin-de-siècle » qui s'attache aux mutations des mythes masculins.

Pareil au Dandy de l'époque décadente, Pierrot, dans son attrait blessant des miroirs, illustre le gouffre du narcissisme. Corps au sexe incertain (« ambiguïté sexuelle partagée avec le diable »), parfois même privé de sexe, ce « décapité qui fait l'amour », damné ou castré, devient – au-delà de sa fonction initiale d'amuseur – un signe irréversiblement tragique, une anomalie dans les zones troubles de l'artificiel et de « l'anti-naturel ».

Pierrot fin-de-siècle, Jean de Palacio

Salace et impuissant à la fois, platonique et priapique, Pierrot exalte les métamorphoses masculines, l'énigme et la prison du rôle sexuel.

■ Pierrot fin-de-siècle, Jean de Palacio, Editions Séguier, 311 pages, 2003, ISBN : 978-2877360890

Voir les commentaires

Rencontres avec Éric Jourdan de Serge Kandrashov

Publié le par Jean-Yves Alt

Éric Jourdan (1938 - Paris, 7 février 2015) est l'auteur en 1955, à l'âge de 17 ans, du roman Les Mauvais Anges qui connaît la censure en raison de son thème de l'amour charnel entre deux garçons adolescents. Il fut deux fois interdit en France en l'espace de vingt-neuf ans, ce qui n'empêcha pas des éditions de luxe et notamment sa première traduction anglaise sous le titre Two par Richard Howard. Il fut le fils adopté d’un autre écrivain célèbre Julien Green et lui resta filialement fidèle jusqu'à sa mort.

Rencontres avec Éric Jourdan de Serge Kandrashov

Éric Jourdan a toujours vécu à l’écart du monde littéraire et est resté discret sur sa vie dont le public ne sait à peu près rien, sauf un peu via Trois Cœurs. On ne trouve aucune photo de lui sur Internet.

Serge Kandrashov, auteur d’origine Biélorusse, a réussi à entrer dans l’intimité d’Éric Jourdan dans ses dernières années de vie. Ce sont ces rencontres qu’il relate dans cet ouvrage.

■ Rencontres avec Éric Jourdan de Serge Kandrashov, éditions Textes Gais, octobre 2015, 2€49 en version numérique

Voir les commentaires

Jean-Paul Sartre a-t-il imité Paul Bourget ?

Publié le par Jean-Yves Alt

L'ouvrage intitulé « Le Roman français depuis la guerre », que Maurice Nadeau vient de faire paraître en livre de poche, dans la collection « Idées », déconcerte par des absences et des présences également injustifiables. Par quel cheminement de pensée ce représentant de l'intelligentzia a-t-il pu en arriver à passer sous silence l'auteur des « Amitiés Particulières » et à consacrer une demi-page à celui de... « Caroline Chérie » ? Il est vrai que c'est pour nous apprendre que Cecil Saint-Laurent, sous le nom de Jacques Laurent, a rompu des lances contre Sartre, en le rapprochant de Paul Bourget, autre romancier à thèse.

Au lieu de se couvrir de ridicule en publiant un essai intitulé « Des raisons par lesquelles un intellectuel, s'il lit Kant, abuse d'une vierge et la tue », Paul Bourget publie « Le Disciple ». Il gagne l'adhésion du lecteur en lui faisant voir un garçon sympathique et studieux. Ce brave garçon lit Kant. Sa lecture terminée, il séduit lâchement et empoisonne la fille du château dont il est précepteur. Et voilà le lecteur convaincu. (Malebranche aurait vu là un bel exemple de l'effet contagieux des imaginations fortes).

La leçon de Bourget n'a pas été perdue, pense Jacques Laurent. Un demi-siècle plus tard, Jean-Paul Sartre s'est gardé de publier un traité ayant pour titre « De l'homosexualité considérée comme la phase préparatoire au fascisme ».

« C'est Lucien dans « L'Enfance d'un Chef », et Daniel dans « Les Chemins de la Liberté », qui se chargeront d'imposer le tandem illégitime (de l'inversion et du fascisme) aussi dociles à Sartre que Robert Greslou à Bourget » cité par Maurice Nadeau. La formule est amusante, surtout quand on la rapproche de la tentative de ce psychanalyste américain, cité par Francis Jeanson dans Sartre par lui-même (Seuil), qui identifie précisément Sartre avec Lucien et pousse la candeur à expliquer l'œuvre de Sartre par le grand trauma conté dans une scène (transposée naturellement!) où Lucien (environ 3 ans) passe une nuit dans la chambre de ses parents. Jacques Laurent touche au moins à un point délicat de la philosophie de Sartre : quelle est sa position sur le problème de l'homosexualité ?

Les Arcadiens sont des « jansénistes » : on l'a dit, et c'est vrai. Mieux que personne, ils savent que l'homosexualité n'est ni un caprice, ni une perversion, ni le résultat d'une finalité consciente bien qu'implicite. Ils savent que les biologistes, les psychiatres, les psychologues ont raison de voir en elle un tropisme, une loi biologique mystérieuse, mais singulièrement plus forte que les volontés individuelles et les lois de la société. Comment ne seraient-ils pas sceptiques en lisant les termes par lesquels Sartre, balayant le déterminisme, conclut son essai sur Baudelaire : « Le choix libre que l'homme fait de soi-même s'identifie absolument avec ce qu'on appelle sa destinée ». En ce qui concerne le penchant homophile, il n'y a pas de choix libre. Dès ce monde les jeux sont faits.

Les brillantes démonstrations n'ont jamais porté sur le fait homophile. Dans Saint-Genet, Sartre montre que Jean Genet, pupille de l'Assistance publique, a choisi délibérément d'incarner le vol et le mal parce qu'on l'avait traité de voleur pour un menu larcin qu'il commettait comme un somnambule, sans le savoir, aux environs de sa dixième année :

« Chassé du paradis perdu, exilé de l'enfance, de l'immédiat, condamné à se voir, pourvu soudain d'un « moi » monstrueux et coupable, isolé, séparé, bref changé en vermine... la honte du petit Genet lui découvre l'éternité : il est voleur de naissance, il le demeurera jusqu'à sa mort, le temps n'est qu'un songe : sa nature mauvaise s'y réfracte en mille éclats, en mille petits larcins mais elle n'appartient pas à l'ordre temporel ; Genet est un voleur : voilà sa vérité, son essence éternelle ».

Bien entendu, ce n'est là qu'une illusion : Jean Genet n'est pas un voleur : c'est un petit garçon qui, pour remédier à sa solitude et à son angoisse, pour se donner l'illusion de détenir ce monde où il se sentait de trop, a volé sans le savoir c'est-à-dire qu'il s'est trouvé dans une situation telle qu'il a agi comme il l'a fait. Mais, ayant choisi le Mal, il s'en est fait le chantre inspiré dont le chant « paradoxalement s'élève en une flamme haute et pure » (Nadeau). Si Genet tient volontairement l'homosexualité pour un vice, c'est qu'il cherche la sainteté du mal. « Pour cet homosexuel, le mal c'est la virilité, remarque Maurice Nadeau. C'est après elle qu'il court, tragiquement, sans jamais pouvoir la rejoindre, sans jamais pouvoir la connaître autrement que par le sexe ».

Sartre semble bien rendre ici l'homosexuel responsable de sa destinée. « L'inversion », dit une formule bien contestable de Saint-Genet, « n'est pas l'effet d'un choix prénatal, ni d'une malformation endocrinienne, ni même le résultat passif et déterminé de complexes : c'est une issue qu'un enfant découvre au moment d'étouffer ». Mais le philosophe n'accepte pas ce qu'il appelle « la morale des flics et des procureurs ».

La formule de Sartre appelle des réserves. Sans doute, comme l'écrivait P.-V. Berthier dans Liberté, le journal de Louis Lecoin, du 1er janvier 1964, « les lois humaines qui sont de nos jours en vigueur dans le domaine de la sexualité ont été forgées par des juristes et votées par des députés qui ne savaient de la question que ce qu'on en savait alors, c'est-à-dire à peu près rien, en des temps où les lois biologiques étaient totalement ignorées ». Mais aujourd'hui, à partir d'un certain échelon tout au moins, les représentants des pouvoirs publics ne s'accrochent plus à une morale rigide, archaïque et bornée. Comme Voltaire, il a toujours fait entendre sa grande voix généreuse toutes les fois que venait à sa connaissance un crime, une torture, une injustice. A l'opposé de Cecil Saint-Laurent, il est tout proche d'E. Armand, « L'En-Dehors », et des libertaires qui mettent l'accent sur le rôle que les transgressions jouent dans l'évolution. Il a loué Rimbaud d'avoir tenté de devenir son propre auteur. Lorsque Rimbaud « définit sa tentative par son fameux Je est un autre, il n'hésite pas à opérer une transformation radicale de sa pensée, il entreprend le dérèglement systématique de tous ses sens, il brise cette prétendue nature qu'il tient de sa naissance bourgeoise et qui n'est qu'une coutume » (Baudelaire). C'est une des formules employées par A. Gide dans Corydon ! Si Lucien devient fasciste ce n'est pas parce qu'il est homosexuel : c'est en entrant dans le monde du sérieux, où l'homme se fait tel qu'il soit attendu par des tâches placées sur sa route ; il devient chef comme son père ; il est justifié (comme les salauds de « La Nausée ») par les valeurs de son milieu, de sa classe sociale, il est justifié dans ses convictions les plus imbéciles (il est raciste) et jusque dans son lit (il renie l'âge de la bohème, de la gratuité, de l'émancipation sexuelle).

C'est à Sartre et à Cocteau que Jean Genet doit sa liberté. L'important essai sur Baudelaire est dédié à cet écrivain en marge, dont le « lot aura, de fait, été jusqu'à présent», note Michel Leiris, « de se targuer d'être un coupable en même temps qu'un poète et que la société a, effectivement, tenu derrière des murs nombre d'années durant ».

Loin de chercher à imposer un prétendu tandem de l'inversion et du fascisme, Sartre tient André Gide en haute estime. En présentant « Les Temps Modernes », il oppose l'attitude de Gide mesurant sa responsabilité d'écrivain lorsqu'il dénonçait l'administration du Congo à celle de Flaubert et de Goncourt qu'il tient « pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu'ils n'ont pas écrit une ligne pour l'empêcher ». Dans son Baudelaire, il oppose l'attitude de Gide à celle de l'auteur des Fleurs du Mal acceptant la fausse vertu « révélée par les prophètes, inculquée de force par le fouet des prêtres et des ministres ».

« Dans le conflit originel qui opposait son anomalie sexuelle à la morale commune, il (Gide) a pris le parti de celle-là contre celle-ci, il a rongé peu à peu, comme un acide, les principes rigoureux qui l'entravaient ; à travers mille rechutes il a marché vers SA morale, il a fait de son mieux pour inventer une nouvelle table de la loi. Pourtant l'empreinte chrétienne était aussi forte chez lui que chez Baudelaire : mais il voulait se délivrer du Bien des autres ; il refusait de se laisser traiter au départ comme une brebis galeuse. A partir d'une situation analogue, il a choisi : autrement dit, il a voulu avoir une bonne conscience ; il a compris qu'il se libérerait seulement par l'invention radicale et gratuite du Bien et du Mal ».

Sans doute, Sartre reste convaincu que, comme dit Francis Jeanson, « le véritable sujet, le sujet agissant, celui qui n'est pas condamné à voir tous ses actes se changer en gestes, c'est celui qui parvient à se dépouiller de son moi, à dépasser en lui tout « caractère », tout souci d'être quoi que ce soit, toute tentation de se laisser « prendre » en une quelconque « nature ». Cependant, il ne dit pas que Gide a choisi son anomalie sexuelle (Et bien entendu il ne dit pas non plus – ce qui serait absurde – que cette anomalie sexuelle l'incline vers le fascisme !). Il présente celle-ci comme un élément de la situation particulière sur laquelle s'engrène la liberté de l'auteur de Corydon. Plus courageux que Flaubert et Goncourt, plus lucide que Baudelaire, celui-ci a surmonté dans une synthèse les deux aspects de sa réalité : sa contingence et sa liberté ; sa facticité (son être de fait, son être-là) et sa transcendance (son pouvoir de se faire). Au lieu de vivre son homophilie dans la mauvaise foi et dans la honte, il l'a vécue dans l'authenticité. Gide est un héros de l'existentialisme parce qu'il a compris que l'homme est l'unique fondement de toutes les valeurs, injustifié, injustifiable.

Selon qu'il parle d'homosexuels imaginaires ou d'homosexuels réels, le ton de Sartre est différent : Lucien, Daniel, Inès (de « Huis-Clos ») sont des personnages déplaisants ; l'autodidacte de « La Nausée » est, comme Bouvard, ridicule et un peu touchant. Ces personnages n'ont pas « le courage de revendiquer la grande solitude libre, le choix de soi-même dans l'angoisse qui seront le lot et le destin d'un Lautréamont, d'un Rimbaud, d'un Van Gogh ». Leurs attitudes sont des attitudes d'échec et de mauvaise foi. Par contre Lautréamont, Rimbaud, Gide, Genet sont des porteurs de lave – et Sartre les préfère aux porteurs de bave. Le rapprochement de Sartre et de Bourget, le projet d'essai ridicule sur l'homosexualité comme phase préparatoire au fascisme ne dépassent pas le niveau de la plaisanterie un peu laborieuse.

Reste à expliquer le cas de Lucien et de Daniel – Daniel, dont le modèle, nous apprend Simone de Beauvoir, cherchait l'amour fou dans les kermesses de Montparnasse. Ils deviennent fascistes parce que ce sont des révoltés qui n'ont pas le courage de devenir des révolutionnaires. L'opposition sartrienne du révolté et du révolutionnaire est une de ces vérités philosophiques que les grands philosophes laissent dans leur sillage, et qui valent indépendamment de la doctrine dont elles sortent.

« Le révolutionnaire veut changer le monde, il le dépasse vers l'avenir, vers un ordre de valeurs qu'il invente ; le révolté a soin de maintenir intacts les abus dont il souffre pour pouvoir se révolter contre eux » (Baudelaire).

Lorsque Jean Genet feint d'accepter la morale bourgeoise, atroce et stupide, qui considère l'homosexualité comme un vice, lorsqu'il souhaite un régime pénitentiaire plus féroce et qu'il admire la structure admirable des lois du monde bourgeois, il est révolté. (Et ce n'est pas sans quelque malice que Sartre lui dédie l'essai qu'il consacre à un autre grand révolté : Baudelaire). Mais il est révolutionnaire quand, en devenant le Poète, en trahissant le Bien pour le Mal et le Mal pour le Bien, il s'oppose seul et victorieusement à toute une société – tel Oreste, dans la scène finale des Mouches, tenant tête à une foule surexcitée.

Rimbaud, révolutionnaire, écrit : « Merde à Dieu », sur son pupitre d'écolier et chante la Commune en vers de sang et d'or. Baudelaire, révolté, accepte le conservatisme étriqué de Joseph de Maistre – le fascisme de l'époque. « Il préfère être condamné par ces valeurs-là que blanchi au nom d'une éthique plus large et plus féconde qu'il devrait inventer lui-même... Dans cette société dont il veut être l'enfant terrible, il faut une élite de fouetteurs ». (C'est à peu près ce que se dit Daniel en voyant défiler les S.S. sur le boulevard Saint-Michel).

Baudelaire ne négligeait rien pour qu'on le crût homosexuel. Il « fut embarqué », dit Buisson, « comme pilotin, à bord d'un navire marchand qui partait pour l'Inde. Il parlait avec horreur des traitements qu'il avait subis » (cité par Sartre). Il est sans doute à l'origine des bruits selon lesquels il aurait été chassé du lycée Louis-le-Grand pour homosexualité. Il teint ses cheveux en vert, porte des ongles de femme, des gants roses, de longues boucles. Camille Lemonnier a laissé de lui ce portrait : « A pas lents, d'une allure un peu dandinée et légèrement féminine, Baudelaire traverse le terre-plein de la porte de Namur, évitant méticuleusement la crotte et, s'il pleuvait, sautillant sur la pointe de ses escarpins vernis dans lesquels il se plaisait à se mirer ».

Comme les prêtres des messes noires, qui conservent ce qu'ils feignent de nier, les homosexuels scandaleux sont des révoltés, quand ce ne sont pas des bouffons. Exhibitionnistes plutôt qu'homophiles, ces pâles imitateurs de Baudelaire s'assimilent à Satan. « Mais qu'est-ce au fond que Satan », écrit Sartre, « sinon le symbole des enfants désobéissants et boudeurs qui demandent au regard paternel de les figer dans le cadre du bien pour affirmer leur singularité et la faire consacrer ? ». Les homophiles d'Arcadie sont des révolutionnaires. Pas nécessairement des révolutionnaires politiques, mais – ce qui est plus rare, et peut-être plus difficile – des révolutionnaires moraux. En contestant par la dignité de leur vie les fausses valeurs et les jugements inauthentiques ils participent à ce qu'Alain appelait « la révolution permanente et diffuse ».

Arcadie n°125, Serge Talbot, mai 1964

Voir les commentaires

Pierre Keller, le maître étalons (photographie)

Publié le par Jean-Yves Alt

Le cheval-désir est le thème d'une série de photographies de Pierre Keller : Horses. Le mot « étalon » est un concentré d'érotisme comme si le destin de reproducteur absorbait la profusion sexuelle. Le cheval est aussi l'animal de la connivence sensuelle. Cuisses écartées au contact des poils, croupe collée à la croupe de la monture, le cavalier qui « monte », admet l'interdit, le mouvement rythmé d'une lente jouissance en solitaire quand le sexe prend son pied en secret et que le « haut » du corps expose la rigueur d'une superbe contenance.

Pierre Keller photographie l'arrière-train du cheval mais, en filigrane, c'est le corps imaginaire de la femme ou de l'homme désiré qui s'impose. Ces « culs de chevaux » s'offrent en gros plans essentiels : fesses, raie, queue, couilles, vulves de jument. La perspective choisie isole la violente condensation de la chair. Loin de l'imagerie chevaline (tête fière et soumise, corps piaffant, danse des jambes fines), les photographies de Pierre Keller insistent sur la plénitude et le plein éclat d'un voyeurisme délibéré.

Pierre Keller, le maître étalons (photographie)

Pierre Keller – Horses – 1988

Polaroïd, 74 cm × 92 cm

Une croupe regardée à la loupe oblige à comprendre ce que chacun redoute de savoir : le désir peut ignorer la beauté de l'âme et déniche l'infini dans une parcelle de peau, le fumet de l'aine ou une trace de sueur.

C'est la force et l'impudeur tranquille de ces photographies de confronter celui qui regarde à la vision intense de la brutalité sexuelle. Ce qui n'exclut pas la délicatesse. Le cheval ici est frémissement, longue et lente circulation de la volupté.

Voir les commentaires

Les âmes douces, Christian Combaz

Publié le par Jean-Yves Alt

Christian Combaz interrogé à propos de son livre les Ames douces (Télémaque, 2015) sur l'homosexualité et la notion de contre-nature face aux dernières découvertes de la génétique.

Ce livre est couplé à un blog d'information qui en présente plusieurs extraits à l'adresse : http://lesamesdouces.over-blog.com

Voir les commentaires