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expositions-arts

Quand le corps se fait toile par Carol Becker et Angela Fischer

Publié le par Jean-Yves Alt

Nombreuses sont les sociétés qui consacrent une part de leur créativité et de leurs dons artistiques à embellir la peau. Visages et corps forment la toile sur laquelle, par exemple, certains Africains déploient tout leur art.

Le caractère esthétique des peintures et des tatouages n'est qu'un aspect particulier de ces œuvres : il faut aussi tenir compte de leur environnement ethnique, social et religieux. Les décors de peau indiquent l'histoire et le rang d'une personne, sa provenance et son appartenance.

Les lignes, formes et figures dessinées s'inscrivent dans le cadre des représentations mythiques et culturelles liées à un groupe, une tribu, un peuple. Les motifs cérémoniels extraient l'individu du quotidien pour le projeter dans le monde spirituel, ils le protègent des influences néfastes et le rattachent à ses ancêtres.

Les peintures rituelles, comme les peintures de guerre, sont de l'art corporel avant la lettre comme le sont devenus, dans d'autres groupes humains, le maquillage, les bijoux, la recherche vestimentaire et toutes les interventions visant à transformer l'image du corps.

Carol Becker et Angela Fischer – Peinture corporelle

Sur cette photographie, deux Africains réalisent leurs peintures tégumentaires avec un morceau de roche blanche qu'ils humidifient dans l'eau pour que la trace sur le corps soit plus douce et plus prégnante. Chacun peint le corps de l'autre en respectant les mêmes graphismes : droites, courbes, stries, ondulations, sinuosités, parallèles.

L'alternance des zones peintes en blanc et des zones sombres de la peau laissée vierge résonne en écho avec ces corps sombres et leurs ombres qui se détachent sur le décor naturel si clair. L'un des hommes exécute la peinture rituelle, l'autre s'y prête.

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Kissing par Banksy

Publié le par Jean-Yves Alt

Banksy est probablement né Robert Banks, à Bristol, en 1974, mais personne n'en est assuré. Incertitude et anonymat entourent l'identité de cet homme, véritable antithèse de l'artiste célèbre.

Son art, qui mêle graffitis et technique au pochoir, s'inspire de la politique et demeure antiguerre, anticapitalisme, libertaire, contre-culturel et satirique.

Son œuvre, issue de la rue, apparaît à Londres et s'exporte dans les grandes villes du monde entier. En août 2004, il produit de faux billets de dix livres sterling sur lesquels la tête de Lady Diana remplace celle de la Reine, et où « Bank of England » se lit « Banksy of England ».

Il arrive qu'à Londres, des travailleurs municipaux repeignent et préservent ses œuvres.

Banksy – Kissing policemen [Policiers qui s'embrassent) – 2005

Pochoir

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Dandy par Shonibare

Publié le par Jean-Yves Alt

Artiste autoproclamé biculturel, Shonibare prend comme sujets les problèmes sociaux, culturels et politiques qui modèlent histoire et identité.

Il bouleverse avec humour les stéréotypes de l'Occident, de l'art consacré et de l'art africain grâce à des techniques très variées : peinture, photo, sculpture, installations et films.

Il se fait souvent le protagoniste de son œuvre.

Diary of a Victorian Dandy. 14.00 hours fait partie d'une série de photos dépeignant une journée de la vie d'un dandy.

Commentaire sur un aspect du colonialisme britannique et sur la propre vie passée de l'artiste dans une société multiculturelle, l'œuvre a été comparée à The Rake's Progress de William Hogarth, dont elle est vaguement inspirée.

Yinka Shonibare, MBE – Diary of a Victorian Dandy : 14.00 hours, (Journal d'un dandy victorien : 14h00) – 1998

Photographie couleur, 122cm x 183 cm, Londres

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Arbre urbain par Pierre Vivant

Publié le par Jean-Yves Alt

Si Pierre Vivant crée des installations éphémères, le plus souvent, il reçoit des commandes publiques qui lui permettent d'interroger le statut de la sculpture dans l'espace public.

En 1998, la Public Art Commissions Agency lui demande de remplacer un platane à Canary Wharf.

Il réalise alors une sculpture de 8 m de haut constituée de 75 feux tricolores qui s'allument de manière aléatoire.

La forme de l'œuvre évoque la nature et les éclairages clignotants, le rythme de ce quartier financier et commerçant.

Pierre Vivant – Traffic Light Tree – 1998

Acier peint et feux tricolores, 8m de haut, Londres

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Robert Mapplethorpe, l'art et le scandale par Bernard Joubert

Publié le par Jean-Yves Alt

Robert Mapplethorpe naît en 1946, à Floral Park, Long Island. A 17 ans, il quitte sa très catholique famille pour s'inscrire dans une école d'art de Brooklyn, le fameux Pratt Instituts où ont étudié bien des artistes de renom. Il fait petit à petit connaissance avec les milieux artistiques de Manhattan et, notamment, avec John Mc Kendry, responsable de la section photo au Metropolitan Museum of Art qui le convainc de devenir photographe professionnel. Soutenu par plusieurs personnalités des beaux-arts – dont le collectionneur Sam Wagstaff et le peintre Andy Warhol – il devient le portraitiste recherché par la jet-set new-yorkaise. Arnold Schwarzenegger et John Paul Getty III posent devant son objectif. Il collabore au magazine Interview et réalise des pochettes de disques. Mais parallèlement, lorsqu'il fait œuvre personnelle, il n'hésite pas à puiser son inspiration dans le sexe et la pornographie. Ses amants sont bien souvent ses modèles. En 1976 il expose à la Holly Solomon Gallery, en 1977 au Kitchen de Soho, en 1979 à la Robert Miller Gallery. En quelques années, en se permettant toutes les audaces, il est devenu une star de la photo.

Robert Mapplethorpe – Ken Moody – 1984

Photographie

Le 10 mars 1989, à New York, en pleine gloire, Robert Mapplethorpe meurt du sida. Il aura été l'un des rares photographes à savoir conjuguer art et pornographie et à connaître, malgré cela, la célébrité dans une Amérique ultra puritaine. Ce ne fut certes pas sans grincement de dents du côté des censeurs. Mapplethorpe, post-mortem, fut notamment au centre d'une vive polémique soulevée par le sénateur Jesse Helms à la fin des années 80. Soutenu par le président George Bush, Helms s'en prenait aux musées qui, bénéficiant de subventions de l'état via le National Endowment for the Arts (NEA), organisaient des expositions et rétrospectives de l'artiste. Mais les procès pour obscénité furent gagnés par les musées et la tentative de législation visant, entre autre, à interdire le sujet de l'homosexualité dans les oeuvres d'art bénéficiant, pour leur exposition, de subsides de l'état tourna court. Moralité : Jesse Helms, aujourd'hui, est retourné dans les noires oubliettes de la pudibonderie tandis que Robert Mapplethorpe demeure l'un des grands plasticiens de notre temps.

Bernard Joubert, in Gay Comix n°10, sans date

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