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Les amours dissidentes, Boris Arnold (1956)

Publié le par Jean-Yves Alt

Souvenirs amoureux des années d'occupation

Boris Arnold révèle dans ce récit les expériences homosexuelles de son personnage, Maurice Maurel – pendant son enfance et les premières années de sa vie adulte sous l'occupation.

Les premières lignes annoncent la couleur :

« Tout d'abord, une vérité première – comme l'eût dit notre grande Colette – une vérité qu'à l'inverse de Mme Peloux, mère de Chéri, il n'est pas besoin de répéter : "J'aime les hommes" !... Et du plus loin qu'il m'en souvienne, je les ai toujours aimés, dès l'heure même où j'étais à cent lieues d'imaginer les agréments qu'il était et sera toujours possible de goûter par eux. J'avais à peine sept ans lorsque j'eus, non point encore la révélation, mais l'intuition de la nature dont le Destin m'avait fait le redoutable et merveilleux présent. Je recherchais déjà les garçons : des garçons plus âgés et plus forts que moi et toujours – j'étais intraitable sur ce chapitre – des garçons intelligents, beaux et surtout très soignés. » (L'éveil, chapitre I, p. 9)

Maurice supporte mal qu'on ne le tienne que pour un dragueur habile dont tout le talent se limiterait à savoir passer à l'action puis à raconter ses périples voluptueux. Il a encore à prouver qu'il est un homme respectueux et respectable.

« Mes confessions, des "polissonneries" et leur auteur – personne pudique s'il en fût ! – une "fameuse grue" ? Les gens ne comprennent rien à rien, décidément ! » (A cœur fermé, chapitre IX, p. 216)

Maurice ne livre pas son corps au premier venu. Ses premiers émois restent longtemps chastes.

Le corps de Maurice est en accord avec les canons de la beauté masculine de notre XXIe siècle : une part de féminité accompagnée « d'une incontestable virilité de caractère et d'un goût marqué pour le commandement » (L'éveil, chapitre I, p. 11) ; Maurice admire – chez les hommes – une plastique développée : il réagit pourtant, face à cette dernière, par un surinvestissement intellectuel et affectif.

Maurice – dans ce récit teinté certes de légèreté – reste un homosexuel, écrasé par des siècles de culpabilité. Il est ainsi une victime expiatoire idéale :

« […] il est des soirs où tout s'efface devant les exigences les moins nobles de la Nature et je ne pense pas que ceux qui hantèrent les bosquets de l'Avenue Gabriel, du Champ-de-Mars et d'ailleurs auront le front de me jeter la première pierre. Ceux-là, j'ose le dire, ont fait plus que moi, beaucoup plus, et pour leur seul bon plaisir. Mais si la recherche de l'amour n'est pas plus justifiable, pour certains, que celle de la volupté ; si mes "irréductibles" souhaitent que j'en sois puni, ils peuvent se rasséréner : mon crime – si crime il y eut – a été expié, et au-delà. » (Le cœur fermé, chapitre VI, p. 189)

Maurice n'en reste pas moins un modèle des plus séduisants. Le récit insiste surtout sur ses rencontres avec des soldats allemands, Hans, Karl, Rudolph et Waldy :

« […] lorsque je m'éveillai, dans le lit et entre les bras de M. le Conseiller Karl Hohlbein, je me demandai pourquoi les Allemands s'obstinaient à se rendre si désagréables en faisant la guerre, alors qu'ils pouvaient dispenser tant de bonheur en faisant l'amour ? » (La saison d'amour, chapitre II, p. 62)

« Je sens et je sais, je ne saurai jamais assez en convenir, qu'il y a eu dans ma vie et, ce qui est peut-être plus révoltant encore aux yeux de certains, dans mon cœur, beaucoup d'Allemands, beaucoup trop. Et ces Allemands – me l'écrivait, d'ailleurs sans indignation, un tendre et indulgent ami – "y ont joué un rôle important, multiple, et toujours beau". […] Ces Allemands – encore une fois – m'ont aimé comme jamais je ne l'avais été, comme jamais plus je ne le serai, et comme j'avais toujours eu le besoin de l'être, c'est-à-dire non point seulement pour des jouissances charnelles que m'ont toujours demandées, uniquement hélas, les autres homosexuels, mais encore, et surtout, avec affection, avec tendresse. » (Le cœur fermé, chapitre VI, pp. 188/189)

Si l'on peut regretter un certain manichéisme dans le choix des personnages et un manque de profondeur dans l'évaluation des mécanismes psychologiques qui les attachent, il n'en reste pas moins que Boris Arnold a su trouver un ton original pour relater des rencontres singulièrement troublantes. Ce n'est déjà pas si mal.

Bien sûr, Boris Arnold n'a pas dans son écriture, la hauteur de Claude-Michel Cluny dans « Sous le signe de Mars ».

« Car, bien qu'il fût Allemand, c'est-à-dire de la race maudite, détestable, haïssable et tout ce qu'on voudra, Hans n'en était pas moins un être admirable et à tous points de vue : moral, intellectuel et, mon Dieu ! physique ! » (La saison d'amour, chapitre II, p. 55)

« Je redescends sur le quai et le train m'emporte mon petit Boche, ce petit Boche que je devrais haïr et que j'aime cependant un peu parce qu'il est tendre, sincère, parce qu'il n'y a jamais eu de haine dans son cœur et parce qu'enfin, au-dessus de toutes les frontières et au milieu de tous les conflits imbéciles déclenchés par des gens immondes et pour des intérêts particuliers, sordides et scandaleux, il y aura toujours, pour certains êtres, un terrain éternellement calme de fraternité véritable et d'amour sans calcul. » (Le cœur fermé, chapitre VI, p. 175)

Si Maurice prend conscience des véritables sentiments qui circulent entre Marc et lui (un amour où n'entre rien d'autre qu'un élan incontrôlable), il ne sait pas en prendre acte :

« Marc ne m'aimait point, mais l'amour extravagant et passionné que j'avais pour lui flattait son orgueil et il tenait à le conserver, aussi bien par amour-propre que par nécessité ; aussi, lorsqu'il me sentait ému par les multiples et si délicates bontés de Hans, il s'en irritait et s'ingéniait à m'accabler de flèches perfides qui me faisaient un mal terrible. » (La saison d'amour, chapitre II, p. 55)

Ce récit est – sans doute en partie – une autobiographie de Boris Arnold ; les mots utilisés sont touchants : ils engagent dans ce voyage de l'autre qui lui est si personnel. Comment alors se produit la séduction ? Peut-être par un débordement de tendresse et de commisération – qui n'a rien à voir avec la pitié – pour tous ceux désignés par la vindicte des âmes bien pensantes.

La commission de censure considéra pourtant que ce roman était de nature extrêmement dangereuse, et l'interdit.

■ Les amours dissidentes, Boris Arnold, Paris, Prima-Union, 1956, 219 pages, tirage limité à 320 exemplaires numérotés


Lire quelques chapitres de cet ouvrage


Lire aussi la chronique sur le blog « Bibliothèque Gay »


Lire l'article de Marc Daniel paru dans le numéro 34 de la revue Arcadie (octobre 1956).

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La prostitution masculine par Félix (*) Carlier (1887)

Publié le par Jean-Yves Alt

Ancien chef du service des mœurs à la Préfecture de Police de 1860 à 1870, Félix (*) Carlier publia en 1887 un gros ouvrage, extraordinairement documenté, sur « Les deux Prostitutions » (1). Nous détachons quelques curieuses anecdotes de la seconde partie du livre qui donne un suggestif panorama de la prostitution masculine à Paris.

Nos lois, qui n'ont pas prévu l'inceste, n'ont pas prévu davantage la pédérastie, ni certains de ses excès démoralisateurs. Légalement, la pédérastie est donc chose impunie, qui ne peut tomber sous l'application du Code qu'en raison des circonstances délictueuses dans lesquelles elle peut être pratiquée. Si ces faits se produisent en présence de témoins, ou dans un lieu accessible au regard, il y aura outrage public à la pudeur. Si l'on attire des mineurs chez soi ou ailleurs, il pourra y avoir excitation habituelle de mineurs à la débauche, détournement de mineurs et même viol ; mais, nous le répétons, ces délits et ces crimes ne seront que la conséquence des circonstances dans lesquelles ils se seront produits. Quant à la pédérastie, elle n'est pas, par elle-même, un acte légalement punissable ; elle est simplement un vice dérivant de l'un des sept péchés capitaux, la luxure. Nous n'avons pas la prétention d'analyser à fond la passion qu'elle engendre, aussi insondable du reste que la perversion humaine dont elle émane. Puisque la loi ne s'occupe pas d'elle, nous ferons comme la loi. Nous laisserons de côté tout ce qui est intime, pour ne nous occuper que de ce qui est ostensible, de ce qu'on peut appeler une véritable prostitution.

Classification des prostitués

Cette prostitution a la même organisation que la prostitution féminine, dont elle est le complément. Leurs moyens d'action sont les mêmes ; l'une comme l'autre, elles ont leurs insoumises, leurs entreteneurs, leurs entretenues, leurs raccrocheuses, leurs proxénètes, leurs maisons et leurs souteneurs. Ce qui les différencie l'une de l'autre, c'est que l'une est réglementée et que l'autre ne l'est pas ; c'est que la prostitution féminine, à laquelle la réglementation donne une sorte de caractère officiel, s'empare indistinctement de tous les quartiers de Paris, tandis que l'autre se circonscrit d'elle-même dans certains endroits plus spécialement favorables aux conditions nécessaires à son existence toujours clandestine ; mais l'une et l'autre sont sœurs jumelles. Le pédéraste qui cherche aventure la trouve tout aussi facilement sur la voie publique que le viveur y rencontre une compagne à laquelle il voudrait faire partager un souper.

Les pédérastes, qu'on désigne, dans le langage ordinaire, sous les noms génériques de tantes et de tapettes (2), peuvent être classés en deux catégories bien nettement tranchées, qui se distinguent l'une de l'autre par leurs habitudes, leur manière d'être et leur tenue extérieure.

 Ceux qui ne recherchent qu'une satisfaction personnelle pour leur passion antiphysique, et qui payent les services qu'on leur rend, forment la première catégorie. Ce sont, à proprement parler, les vrais pédérastes ; on les désigne ordinairement sous le nom d'amateurs. On leur donne aussi le nom de rivettes.

 La seconde se compose de tous ceux qui trafiquent de leur corps, ou qui vivent de la pédérastie. Elle comprend donc : 1° tous les prostitués à quelque titre que ce soit ; 2° cette classe spéciale d'individus pour lesquels la pédérastie n'est qu'un moyen de chantage, et qui vivent des violences, des rapines et des vols qu'ils exercent sur les amateurs.

La catégorie des prostitués se décompose en persifleuses, en honteuses, et en travailleuses. Nous dirons, dans le chapitre suivant, ce qui différencie chacune de ces classes, et nous continuons l'étude des caractères généraux de la pédérastie.

Les prostitués tout jeunes prennent le nom de petit jésus. Lorsqu'ils ont vieilli, qu'ils ont gagné de l'audace et de l'expérience, ils deviennent des jésus.

En se plaçant au point de vue physiologique, on a subdivisé la pédérastie en pédérastes actifs et en pédérastes passifs.

Il n'est pas besoin de définir ces deux termes, pas plus que d'expliquer que les prostitués sont tous indifféremment actifs ou passifs, selon les exigences des amateurs qui les payent.

Avant de nous occuper des habitudes particulières de ce qu'on pourrait appeler la caractéristique de chacune de ces catégories, nous faut d'abord indiquer les points qui sont communs aux amateurs et aux prostitués.

Tout d'abord, la signification du mot amateur doit être bien précisée.

On appelle ainsi ceux qui, vivant au milieu de la société, ayant toutes les facilités de satisfaire naturellement leurs désirs, s'adressent néanmoins à d'autres hommes, parce que la femme ne leur inspire que répulsion et dégoût. A ceux-là seuls s'applique notre étude.

La passion de la pédérastie, surtout lorsqu'elle a été contractée dès le jeune âge, abâtardit les natures les plus vigoureuses, effémine les caractères les mieux trempés et engendre la lâcheté. Elle éteint, chez ceux qu'elle possède, les sentiments les plus nobles, ceux du patriotisme et de la famille ; elle fait d'eux des êtres inutiles à la société. L'amour de la reproduction, cette loi qui commande à toute la nature, n'existe pas pour eux.

Si parfois ils se marient ou prennent une maîtresse ce n'est là qu'une spéculation d'argent ou qu'un moyen de cacher leur infamie et de sauvegarder les apparences aux yeux du monde. Ils ne sont, pour leurs compagnes, que des messieurs de compagnie.

in Le Crapouillot n°30, « Les Homosexuels », août 1955, p. 16

(*) Il ne faut pas confondre Pierre Carlier (1794-1864), qui fut préfet de police, avec Félix Carlier, auteur d'un ouvrage fameux sur Les deux prostitutions (1887), la « prostitution antiphysique » constituant la seconde partie de l'ouvrage. Par ailleurs, le catalogue de la BNF semble responsable d'une erreur assez répandue au sujet de ce dernier, en charge de la police des moeurs de 1860 à 1870, l'initiale F. de son prénom étant interprétée dans le catalogue par François au lieu de Félix. Un article de lui paru dans les Annales d'Hygiène publique et de méd. lég. (1871 p. 282) tranche la question : son prénom est bien Félix.

Jean Claude Féray

in Le registre infamant, éditions Quintes-Feuilles, octobre 2012, ISBN : 978-2953288568, pp. 12-13


(1) Félix Carlier, Les deux prostitutions, Paris, Editeur E. Dentu, 1887, deuxième partie : Prostitution Antiphysique, chapitre I : Caractères généraux de la pédérastie, pp. 277 à 280 pour l'extrait cité, (téléchargeable sur le site Gallica)

(2) En langue verte : on dit d'une personne qui cause beaucoup et à tort et à travers : « A-t-elle une tapette ! » Tapette, en argot, est synonyme de bavard.


Lire aussi : La prostitution antiphysique par Félix Carlier [éditions du Sycomore, 1982]

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Moi, Augusta Vidal, Francis Robert

Publié le par Jean-Yves Alt

Une femme. C'est Augusta Vidal, quatre-vingt-trois ans : elle dit, dans son langage, sa longue existence et le refus d'une mort anonyme. Francis Robert prête sa voix à cette magnifique chronique de la campagne, d'une solitaire vibrante de mémoire, d'une femme solide, au corps et à l'âme jamais éteints.

Une exceptionnelle performance du « je » qui devient femme et vieille.

Augusta Vidal n'est pas l'archétype de la femme de la campagne : c'est une paysanne certes, elle aime sa terre, sa maison, l'odeur de la soupe, la lente liturgie des travaux domestiques. Mais elle est aussi l'étrangère, celle qui sait et qui ajoute à la sagesse coutumière accordée au rythme tellurique, la subtilité et l'intelligence de ceux qui sont partis, ont aimé, ont accepté la douleur comme un écho juste de la joie.

Augusta est autre et ne craint pas de fustiger les raideurs et les tabous des villages. Ne sait-elle pas se servir de ses poings, femme sans homme, pour rosser femmes et hommes qui tenteraient de l'atteindre dans sa dignité, qui n'a rien à voir avec la morale coutumière. Ne parle-t-elle pas avec émotion et une rude tendresse de cet autre exilé, rivé à ses champs, et qui pourtant est condamné par ses voisins :

« Une tapette, à ce qu'on entonnait. S'il s'en était pris aux hommes, on s'en moque ! Mais aux petits drôles... j'entendais dire ça. Les langues l'ont envoyé dix années à l'ombre, au fort du Hâ à Bordeaux... Revenu de prison, René retrouva sa maison pillée, sa vigne perdue... Il ne parla plus à personne... J'étais la seule à ne pas lui tourner le talon. »

La seule... le terme qui définit le mieux Augusta : la seule à ne pas accepter que les autres décident de sa vie, de sa mort. La seule à se faire traiter de pute et à continuer à aimer qui elle aime, à enfanter qui rappelle le souvenir d'un homme, la seule à ne pas se fondre dans le chant discordant des bien-pensants. La seule à lutter contre la pente désespérée des laissés-pour-compte quand le conte n'est plus bon et que la fille, pressée, tient à faire les comptes et à expulser cette mère qui coûte et qui tarde à mourir.

Francis Robert a écrit un livre traversé par une émotion contenue, un livre hommage, un livre de l'amour. Il offre, avec la beauté d'une vie entre terre et ciel, une langue souple et dense, odorante, comme les soupes. C'est aussi un très beau roman sur la vie, celle qui est, pas celle qu'on rêve.

■ Moi, Augusta Vidal, Francis Robert, éditions Souffles, 1988, ISBN : 2876580128


Du même auteur : La presqu'île des brouillards

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Le ciel s'est habillé de deuil, Maurice Périsset

Publié le par Jean-Yves Alt

Un autre roman riche en univers secret et en qualité de mystère psychologique où le drame naît lentement de la tension qui s'établit entre les personnages. Le noir chez Maurice Périsset est nuancé, crépusculaire. Pas d'affreux crimes ou d'insoutenables cadavres. Le drame naît lentement de la tension qui s'établit entre les personnages.

La Maunière, une belle maison isolée dans la campagne provençale et, dans cette maison, un vieil homme retranché du monde : Gabriel Genebuzin romancier célèbre une décennie plus tôt mais qui, après la mort de sa femme, a cessé de publier. Le démon de l'écriture le reprend et, pour l'aider à rédiger ses mémoires, il engage Fabien Duparc par l'intermédiaire d'une petite annonce.

Habite aussi chez lui, pendant les vacances, Cyril, son jeune neveu, homosexuel sans complexe qui loge son amant, Eric, dans une auberge voisine.

Cyril n'a jamais eu d'attirance pour les filles […] ; quelques aventures de collège avec des garçons, les années où il a été interne. Il en a connu quelques-uns avant Eric, mais c'était sans importance. Et puis, il y a eu Eric. Il souffre de ne pas pouvoir l'imposer à la Maunière, de manquer de courage pour affronter son oncle. D'où une certaine amertume et beaucoup de ressentiment envers lui. (page 188)

 Qui est Fabien, jeune homme discret mais mystérieux, qu'une quête inlassable va conduire, de révélation en révélation, jusqu'à une vérité redoutable ? Et pourquoi a-t-il sollicité cet emploi de secrétaire ?

 Pourquoi l'écrivain n'a-t-il rien publié depuis dix ans et pourquoi les notes qu'il demande à son secrétaire de trier ne sont-elles pas de la même main ?

 Pourquoi les premiers livres de Gabriel Genebuzin – rangés dans la bibliothèque de sa femme – sont-ils reliés en simple toile alors que les suivants le sont en cuir ?

 Pourquoi tant de médicaments dans la salle d'eau de l'écrivain ?

Morts troublantes, faux-semblants, pièges, la vérité qu'il s'efforce de traquer va, bien au-delà de ce qu'il pressentait, jusqu'à ce qu'il provoque lui-même le coup de théâtre final.

Ecrire ne permet-il pas de brouiller les pistes et toute vie n'est-elle pas un roman plus complexe que la fiction ?

■ Le ciel s'est habillé de deuil, Maurice Périsset, éditions Hermé/Suspense, 1991, ISBN : 2866651391


Du même auteur : Deux trous rouges au côté droit - Les collines nues - Les tambours du Vendredi Saint - Soleil d'enfer - Laissez les filles au vestiaire - Corps interdits - Les noces de haine - Avec vue sur la mort - Les grappes sauvages - Gibier de passage

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Les poneys sauvages, un téléfilm de Robert Mazoyer (1982)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Les Poneys sauvages » (1), téléfilm ordinaire, présente pourtant un moment intéressant : celui où Horace Mac Kay (Yves Beneyton) n'oublie pas l'ami de collège Cyril (Marc Delsaert) qu'il a chéri et qui est mort à la guerre.

Caractère un peu froid, assez snob, très british, Horace est marqué à fond par la blessure romantique, atroce, de cette jeune mort. Et cela – sa dérive –, la caméra de Mazoyer la montre excellemment.

(1) d'après le roman de Michel Déon

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