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Suzanne, Denis Belloc

Publié le par Jean-Yves Alt

Une mère exceptionnelle, une plongée dans la drogue, une histoire d'amour brisée. Résultat : un roman stupéfiant.

« Suzanne » est une histoire d'amour, simplement. Une histoire d'amour, de passion. Rien d'extraordinaire, si ce n'est le rapport à l'alcool et le personnage de cette mère qui sont exceptionnels. La première histoire d'amour de Suzanne, c'est son père Nazaire. On devine qu'elle a tout pris de lui : sa force, ses fausses froideurs. Elle ne ressemble en aucune façon à sa mère l'Andalouse, une belle fille qui gardait des vaches et couchait avec tous les mecs qu'elle voulait. Si Suzanne a, comme sa mère, une rage de vivre, elle est différente.

Dans « Néons », il était question de l'enfance, de l'adolescence de l'auteur, de la prostitution à Pigalle, de la prison, des premières amours, de la défonce sexuelle... Et déjà en creux, mais puissamment, apparaissait Suzanne, sa mère.

Ici, elle est « l'héroïne » centrale : on découvre son enfance à elle, entre sa mère, la volage Andalouse, et son père, Nazaire, qui ferme les yeux. Puis son mariage avec Lulu, qui mourra à vingt-cinq ans de trop d'alcool et d'un coup de poing, lui laissant deux garçons : Denis Belloc et son frère aîné.

« Suzanne », c'est aussi l'histoire d'un monde paysano-prolétaire des environs de La Rochelle, avec pour toile de fond l'alcoolisme.

Dans « Suzanne », Denis Belloc ne règle plus ses comptes avec sa propre enfance, mais avec celle de sa mère, une douce et énergique paysanne prolétarisée, victime d'un monde sans pitié. L'auteur n'a rien perdu des qualités narratives qui faisaient la force de « Néons ».

En guise d'extrait, la nuit de noces entre Lulu, le père de Denis Belloc, et sa vierge Suzanne de mère :

Lucien se casse la gueule plusieurs fois dans les escaliers. Il dit qu'il en tient une bonne, encore envie de gerber. Dans la chambre, il se désape. En enlevant son froc, il s'étale en marmonnant, Suzanne le relève.

« Mais qu'est-ce tu fous, ma Suz ! T'es pas encore à poil ? »

Suzanne rougit.

Tourne-toi, mon Lulu. S'il te plaît.

J'étais tellement étroite, c'était pas croyable, et lui... il était monté comme un cheval... fan d'putain, quel engin...

Lulu chancelle et s'effondre sur le corps nu. Offert. Il la bécote pas. Il malaxe ses seins, sans douceur, sa respiration est forte.

« Doucement mon Lulu. »

Dans la piaule, ça sent la cave, mélange de pinard et de vomi. Il malaxe plus bas, ses doigts noueux cherchent, Suzanne sursaute.

« Merde, j'arrive pas à bander. »

Ses doigts abandonnent leurs recherches. Il empoigne sa queue, mouvements de va-et-vient rapides, le vieux plumard grince. Il transpire. Il dit :

« Ça y est, écarte un peu les jambes. »

Ses yeux glauques et brillants, sa queue entre les cuisses de Suz qui resserre les jambes. Peur et douleur. Il force et pousse un cri, à chaque poussée, il crie comme un bûcheron.

« Mais merde, serre pas les jambes, j'y arriverai jamais ! »

Souffle court de Suzanne sous le poids du corps qui l'écrase. Mouvements de va-et-vient. Le sexe glisse et remonte en haut de la fente, il croit qu'il a trouvé l'orifice, enfonce le gland de toutes ses forces.

« Lulu, arrête, j'ai trop mal ! »

Lulu bave, force les cuisses de Suz et enfonce encore, au hasard, en poussant un cri. Elle hurle, il n'entend pas. Elle se débat, veut sortir du plumard. Épaules plaquées par les mains de l'homme qui rentre et sort son sexe, jouit en râlant, s'écroule. Il ronfle, les ongles de la femme plantés dans la chair de ses bras. Elle pleure, les yeux fermés. De ses entrailles éclatées, coule entre ses cuisses un liquide chaud.

Suzanne est complètement pure. Elle n'a aucune pensée malsaine, aucune méchanceté. Elle est complètement naïve, les yeux grands ouverts devant un monde qui la bouffe. Elle croit que tout est perfectible.

Si dans « Néons », elle dénonçait son fils à la police, c'était pour le sauver du mal. Il fallait qu'il paie, qu'il y ait cette sorte de justice.

Belloc, avec un style très réaliste, presque journalistique, ne met que l'essentiel. Une écriture à la crête des mots comme disait Duras.

Une écriture à cru, une écriture d'urgence.

■ Suzanne, Denis Belloc, Éditions Gallimard/Folio, 1990, ISBN : 2070382168


Du même auteur : Képas - Néons - Les ailes de Julien

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Le droit chemin, Michel Manière

Publié le par Jean-Yves Alt

Le héros Pierre Dautun, jeune écrivain homo, qui a dépassé la trentaine et a obtenu, pour son dernier roman, le prix Médicis, est à un tournant de sa vie.

Au début de l'histoire, il vient d'enterrer sa mère, n'arrive plus à poursuivre le livre qu'il a entrepris et, de surcroît, se retrouve seul, car son petit ami, plus jeune que lui d'une dizaine d'années, après lui avoir déclaré « qu'il connaissait son trou du cul comme sa poche et avait besoin de mystère », s'est envolé pour les Etats-Unis, en quête d'aventure(s).

Face à son désert familio-sentimentalo-professionnel, il ne lui reste plus qu'Odile, une amie de longue date. Et pourtant, même avec elle, si proche et si présente, il comprendra que leur amitié, vieille de quinze ans, est terminée.

Cependant, Pierre Dautun tente de continuer à vivre et décide de quitter l'appartement qu'il partageait depuis plusieurs années avec son petit-ami-fugueur.

Un jour, il rencontre par hasard Jean, son ancien amant, un architecte de son âge. Lui aussi sort d'une histoire malheureuse. Les deux hommes vont alors s'offrir, inespérément, une parenthèse amoureuse pleine de respect mutuel et de tendresse. Pierre va t-il prendre le duplex ensoleillé de Montmartre et proposer à Jean, qui ne demanderait pas mieux, de le partager avec lui ?

Sur le point de s'engager dans cette voie, il fait marche arrière. Il ne croit plus à rien. En esthète parfait, en dandy accompli, il ne peut s'empêcher de trouver cette forme de bonheur un rien vulgaire. Il décide alors d'acheter un appartement, ou plutôt un vaste volume années 30, porte Molitor dans le XVIe, et l'aménage à la manière d'un élégant et froid tombeau. Dès lors, son destin est tout tracé…

Livre grave et léger, pathétique et drôle (il y a de nombreux passages irrésistibles) Le droit chemin est un très beau roman, dont l'écriture confirme un auteur attachant.

« Rassurez-vous. Je ne vais pas vous violer. Je n'ai aucune envie de vous toucher. D'ailleurs, ce qui entre autres me plait en vous, c'est précisément que vous n'aimiez pas les femmes. Regardez-moi dans quelle tenue vous êtes venu ici ! Je suis sûre que vous ne l'avez pas fait exprès. Une sorte de lapsus, d'« acte manqué »... Vous qui êtes plutôt dandy, à ce qu'on dit, vous êtes venu dans un jean élimé et moulant. On voit tout ! Vous êtes venu en pédé. Et vous avez bien fait. J'admire les gens qui aiment leur cul. S'aimer soi-même ou pas, la belle affaire ! Ce qui compte, c'est d'aimer son cul. Je suis grossière. C'est ma manière. Comme vous avez raison de ne pas toucher aux femmes ! Je ne connais rien de plus sordide et de plus dégradant que les rapports entre sexes opposés. Quel piège écœurant que celui de la nature ! La vue d'un gosse me fait vomir. Et la nature... si j'en ai sous mes fenêtres et devant ma maison, c'est pour mieux la tenir, pour mieux la dominer ! Vous voyez, tout en étant passablement fêlée, je suis lucide ! Plus lucide en tout cas que bien des gens « équilibrés ». J'ignore si vous vous y connaissez en jardinage... je vous le dis tout de même : la date de tailler les rosiers est passée. Je ne taillais pas les rosiers, tout à l'heure, je coupais leurs sales petits bourgeons. Bien sûr, j'en épargne quelques-uns : les plus beaux... les élus ! Hélas, je suis de plus en plus difficile. Le nombre diminue tous les jours. Cette année, je ne sais même pas s'il en restera un au bout du compte ! » (p. 124)

■ Le droit chemin, Michel Manière, Editions P.O.L., 1986, ISBN : 2867440696


Du même auteur :

La fatalité célibataire : Trois histoires exemplaires plus une

A ceux qui l'ont aimé

Le sexe d'un ange

Les nuits parfumées du petit Paul

Du côté du petit frère

Parfois, dans les familles

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Je serai elle, Sylviane Dullak

Publié le par Jean-Yves Alt

Un « homme » devient une « femme ». Sylvain Dullak renaît Sylviane. Son témoignage est celui d'une femme qui a voulu s'assumer jusqu'au bout, affirmer son être profond malgré les apparences. Malgré les contraintes légales, l'incompréhension, voire l'hostilité de son entourage. Un témoignage qui a d'autant plus de poids que Sylviane est médecin et psychologue.

Sylviane Dullak tient à se démarquer des homosexuels et des travestis : « Ils ont imposé, au nom de tous, une définition globale et péjorative, étouffant un groupe minoritaire, dont je fais partie ». Son désir de n'être confondue ni avec les uns, ni avec les autres l'entraîne à évoquer rapidement, dans un trop bref appendice, le problème épineux de l'homosexualité innée ou acquise. La volonté de classification aboutit à une caricature d'un problème bien trop complexe pour être tranché en cinq pages : je regrette pour ma part cet appendice qui, sans rien enlever au témoignage de Sylviane Dullak, maintient l'image dévalorisante d'une homosexualité « incident de parcours ».

Ceci dit, Sylviane Dullak refuse pour elle-même l'étiquette « transsexuelle » : elle n'est pas devenue femme, elle se déclare née femme dans un corps d'homme. Quant à sa sexualité – si son passage dans un corps d'homme lui a valu une femme, une maîtresse et quatre enfants – elle serait restée bloquée à la puberté.

Sylviane a dû attendre des années pour pouvoir être elle-même. De la moquerie des condisciples (« tu cours comme une fille ») à la curiosité de sa maîtresse (qui l'appâte en lui prêtant ses robes), elle a passé par tous les stades de l'incompréhension : gestes jugés déplacés, propositions homosexuelles, insultes publiques. Ce qui fait peur, c'est l'inconnu, l'entre-deux, l'imprécis. À partir du moment où elle a pu se dire femme, physiquement et psychiquement, elle est rentrée dans une norme sociale. Son entourage (parents, amis, clientèle) l'a beaucoup mieux acceptée après l'opération. Peut-être est-ce cela qui justifie son refus de l'étiquette « transsexuelle » ?

Mais le plus grave dans les rapports de Sylviane avec la société, c'est la régression intellectuelle qui accompagne son impossible identification. « Je ne savais pas pourquoi je devais réussir ; pour devenir qui, pour faire quoi ? ». L'échec scolaire est un refuge : il justifie le retard sexuel, seule défense d'un organisme qui refuse les schémas classiques.

La première partie raconte la prise de conscience progressive accomplie par l'auteur. La fascination de la femme, prostituée, épouse, fille. La recherche d'une neutralité sexuelle, le refuge dans une profession asexuée, le refus des conversations extraprofessionnelles, nécessairement masculines. La décision qui mûrit lentement de transformer son corps.

C'est alors que se posent les problèmes physiques, techniques, légaux. Médecin, Sylviane Dullak les connaît bien. Avec une détermination stupéfiante, elle compose elle-même les traitements hormonaux, pratique elle-même l'ablation des testicules. Il faut lire la description hallucinante de l'auto-opération, les tâtonnements dans le dosage des hormones, le récit des opérations esthétiques – voix, nez, poils... – qu'elle contrôle sous anesthésie locale. Être femme jusqu'au bout.

Ce récit est aussi une mise en garde pour les candidats au grand voyage : le chemin est dur et le bistouri n'est pas une baguette magique.

■ Je serai elle, Sylviane Dullak, Éditions Presses de la cité, 1983, ISBN : 2258012430


Lire aussi Un sujet de conversation de Sophie Simon

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La voie du ténor, Dorian Paquin

Publié le par Jean-Yves Alt

Jésus, que son amant Lu appellera Malin, a quarante ans. Ténor célèbre couvé par deux femmes, sa mère et sa maîtresse, il perd sa voix. Infirme, dans l'optique du monde ou il évolue, il rencontre un autre infirme, un lilliputien que personne n'a jamais aimé.

Amputés d'une expansion vitale, l'amour, ils se trouvent, s'aiment mais ne s'enferment pas dans un couple aveugle. Ils ne perdent pas de temps dans les tergiversations que pourrait susciter leur nouvelle expérience. Ils vivent ce que les autres appellent l'homosexualité comme un miracle. Seule la mère du ténor ausculte les livres, pour s'armer contre le vice.

Le surprenant roman de Dorian Faquin traite de l'amour entre hommes de manière inédite. L'aventure physique n'est pas fondamentale.

Récit d'un amour absolu, « La voie du ténor » est un hymne à la vie. Les deux hommes brûlent le passé mais ne se consument pas en vaines interrogations. Régénérés par une forme neuve de la passion, ils renouent avec les anciens rites du bonheur. Le nain et la star interprètent leur déchéance sociale comme le signe d'un destin plus authentique. Ils quittent l'Europe fatiguée et entreprennent un voyage initiatique en Afrique.

Partir pour revivre. Sek les initiera aux fastes primitifs et ludiques d'une tribu noire. Lu en deviendra le minuscule roi. Ils y apprendront à ne pas souffrir de l'amour, apprivoiseront les multiples violences de la sensualité. Ils connaîtront l'extase de se créer soi-même. Dans le cérémonial du groupe se ravive l'intensité du moi.

« La voie du ténor » se clôt sur un chant wagnérien : l'homme arrache les câbles que notre civilisation greffe sur notre peau. Libéré des entraves, le ténor retrouve sa propre voix, sa voie, dans un individualisme sain, pleinement ouvert à l'amour de l'autre.

Lucide quant aux vicissitudes de la relation à autrui, chacun accepte d'aborder la communication amoureuse et sexuelle avec l'autre : le temps d'accéder a une autre dimension de lui-même.

■ La voie du ténor, Dorian Paquin, Éditions Le Pré aux Clercs, 1984, ISBN : 2714416519

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Un garçon, pris en flagrant délit d'adultère, est sodomisé par le mari

Publié le par Jean-Yves Alt

Jérôme Morlino ou Morlini (1ère moitié du XVIe siècle). Il est l'auteur de nouvelles, fables et comédies licencieuses qui furent brûlées pour leur indécence. Le premier recueil de ces nouvelles parut en 1520.

D'un jeune garçon qui, pris en flagrant délit d'adultère, fut sodomisé et frappé de verges par le mari.

[…] Or, vers la onzième heure du soir, le mari, devançant l'instant de son retour, frappe à la porte de sa maison, appelle, et va jusqu'à faire retentir un sifflet pour annoncer sa présence. Mais c'est en vain qu'il s'annonce : personne ne lui répond. Alors, augurant des pires malheurs, il brise les gonds de la porte d'un mouvement si furieux que ni Forculus ni Limentius ni la déesse Cardina elle-même ne l'eussent empêché de franchir l'huis de sa demeure. Parvenu à la chambre, il voit sur le lit sa femme avec un amant dans les bras. Un tel outrage de la couche conjugale ne semble pas, tout d'abord, l'émouvoir ; seuls les coupables, en s'éveillant, restent accablés de honte et de stupeur. Remarquant tout soudain la beauté du jeune homme, ainsi que son trouble, il dit alors : « Ne crains rien, bel enfant, je ne serai point si cruel que d'être bourreau de ton exploit, moins encore d'appeler sur la tête d'un aussi joli garçon la rigueur de la loi Julia. Seulement, pour que de baiseur tu te vois baisé à ton tour, je ferai servir tes charmes au plaisir de mon lit. Tu seras mon giton et, comme tel, devras te soumettre à mes désirs. Je te partagerai avec ma femme et tous les biens de la communauté ; et, par toi je trancherai notre différend et de telle façon qu'une seule et unique couche nous servira à tous trois, sans conteste, car je m'aperçois que j'ai vécu jusque-là en telle intelligence avec mon épouse que ce qui plaît à l'un ne saurait déplaire à l'autre. »

Ayant ainsi discouru, il se dépouilla de ses habits et entra dans le lit. Puis saisissant l'enfant dans ses bras, sans se soucier aucunement de sa résistance ni de ses cris, par un effort vigoureux, en lequel se manifestait bien plutôt le désir qu'il avait de le châtier que de jouir, il lui fit subir, mais à l'opposé de la voie naturelle, une opération contrefaisant assez bien celle que le téméraire jouvenceau avait généreusement pratiquée sur la maîtresse de céans. Ce fut en vain que l'adolescent tenta de se dérober aux brutales caresses de celui qu'il avait cru berner. Il dut en supporter jusqu'au bout l'humiliante contrainte, l'autre se rassasiant avec un goût cruel de ce plaisir jadis en faveur à Sodome, plaisir qui se doublait en la circonstance d'une soif de vengeance.

Ils passèrent la nuit en conjonctions de ce genre. Aux premiers feux de l'aurore, le mari appela deux solides valets auxquels il ordonna de se saisir du jeune homme et, autant que ce dernier le put supporter, il fustigea de verges ses fesses charmantes, en lui disant : « Voilà pour te punir, toi, qui au sortir de l'enfance, ose rivaliser avec les libertins et te glorifier du crime d'adultère. »

Ce galant, ce présomptueux la veille, s'enfuit, mortifié mais heureux néanmoins de devoir son salut à une flétrissure de sa personne, dont il n'eut point de peine, on s'en doute, à se contraindre de garder le secret. Pour l'épouse coupable, le mari se contenta de mettre sous clef ce giron dont elle était si prodigue en s'écriant : « – Maintenant, je suis sûr d'y pénétrer seul. »

Cette nouvelle permet de vérifier l'adage que « tout semblable trouve ici-bas son semblable ». Elle démontre en outre qu'il ne faut point se fier aux femmes qui ont le « sadinet » libre.

in Un homme, un homme, Hugo Marsan, éditions Autrement, 1983, ISBN : 2862601233

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